Quelque part dans l'Ouest américain, en 2026. Le lieu exact est caviardé. Des agents fédéraux surveillent les abords d'une installation sécurisée lorsqu'un objet s'élève lentement au-dessus d'une crête. Il est triangulaire, d'un noir mat, et il ne fait absolument aucun bruit. Il reste un moment suspendu dans les airs, puis il parcourt environ 2,4 kilomètres en trois secondes avant de disparaître. Ce récit ne vient pas d'un forum ni d'une chaîne anonyme : il se trouve dans les documents officiels que le Pentagone a rendus publics le vendredi 23 octobre 2026.
Image d'en-tête publiée dans le 7e lot de dossiers PURSUE. Source : Département de la Guerre des États-Unis (WAR.GOV/UFO, lot 7).
Le 7e lot du programme PURSUE
Depuis le mois de mai 2026, le gouvernement américain publie, par vagues successives, des dossiers déclassifiés sur les phénomènes anormaux non identifiés, qu'on appelle aujourd'hui les PAN (ou UAP en anglais). Ce programme porte un nom un peu théâtral : PURSUE, pour Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters. Il fait suite à une directive présidentielle de février 2026 qui demandait aux agences fédérales de retrouver, de réviser et de déclassifier leurs dossiers non résolus. Tout est déposé sur un site unique, WAR.GOV/UFO, accessible à n'importe qui, sans autorisation spéciale.
Le lot publié le 23 octobre est le septième. Le précédent, sorti le 18 septembre, contenait notamment des images numérisées d'objets filmés près de Tremonton, en Utah, en 1952. Celui-ci réunit des documents du FBI et du Département de la Défense, des archives historiques et quelques pièces plus inattendues. Petite mise en garde : les médias américains ne s'entendent pas sur le nombre exact de fichiers ajoutés cette fois-ci. Certains parlent d'une dizaine, d'autres de près de trente. Le mieux est de consulter directement la page officielle du lot pour s'en faire une idée.
Ce que décrivent les rapports
Le cas vedette repose sur deux documents distincts, ce qui lui donne un poids particulier. Le premier est un rapport du FBI (un formulaire FD-302, celui que les agents utilisent pour consigner une déposition). Le second est un mémorandum de l'AARO, le bureau du Pentagone chargé d'analyser ces phénomènes. Dans les deux cas, les témoins ne sont pas des passants : ce sont des agents fédéraux et deux observateurs militaires expérimentés.
Selon ces documents, l'objet a d'abord surgi au-dessus d'une ligne de crête. Il est resté immobile un instant, puis il a gagné environ 60 mètres d'altitude, s'est déplacé latéralement et a plongé vers un canyon avant de s'évanouir. Les témoins le comparent à un appareil en forme d'aile delta. Ils estiment son envergure entre 2,7 et 4,6 mètres, pour une profondeur d'environ 1,8 mètre et une épaisseur d'à peu près 60 centimètres. C'est donc un objet relativement petit, ce qui rend sa performance encore plus déroutante.
Car c'est bien la performance qui frappe. Franchir 1,5 mille, soit environ 2,4 kilomètres, en trois secondes représente une vitesse de l'ordre de 2 900 km/h, à peu près 1 800 milles à l'heure. Un avion de chasse peut atteindre ce genre de vitesse, mais certainement pas sans faire de bruit, sans traînée d'échappement et sans dégager de chaleur. Or les observateurs affirment n'avoir rien entendu ni vu le moindre panache. Plus troublant encore, l'équipement thermique n'aurait enregistré aucune signature de chaleur. L'objet ne portait pas non plus les feux de navigation qu'on attend de n'importe quel aéronef conventionnel.
Image publiée dans le 7e lot de dossiers PURSUE. Source : Département de la Guerre des États-Unis (WAR.GOV/UFO, lot 7).
Le Pentagone a joint au dossier une représentation visuelle de l'objet tel que les témoins l'ont décrit. La date précise et le lieu de l'observation, eux, ont été retirés du document public. On sait seulement qu'il s'agit d'une installation sensible située dans l'ouest des États-Unis.
Les triangles noirs, un motif qui revient
Ce n'est pas la première fois qu'un triangle noir apparaît dans les dossiers PURSUE. Le cinquième lot, publié le 7 août 2026, contenait déjà le signalement d'un grand objet triangulaire sombre observé près d'une base militaire de Colorado Springs, au Colorado, en octobre 2023. Selon la couverture du lot actuel, la collection compte désormais plusieurs rapports distincts décrivant des triangles noirs au-dessus de sites militaires sensibles.
Pour les amateurs du sujet, cette forme a une longue histoire. La vague belge de 1989 et 1990, au cours de laquelle des milliers de personnes ont dit avoir vu de grands triangles lumineux dans le ciel, reste l'exemple le plus célèbre. Depuis, le « triangle noir » est devenu une sorte d'archétype dans le monde des observations d'OVNI. La différence, cette fois, c'est que le témoignage provient de professionnels de la sécurité et qu'il est consigné par écrit dans des documents gouvernementaux.
Le reste du lot : du ranch Skinwalker aux débris spatiaux
Le triangle n'est pas seul dans cette publication. On y trouve aussi un rapport de 2010 consacré au ranch Skinwalker, en Utah, une propriété réputée pour ses phénomènes étranges depuis des décennies et qui a fait l'objet de recherches financées en partie par le gouvernement américain. Le lot comprend également plusieurs archives historiques, dont une observation d'un objet métallique de forme elliptique en Suède en 1953, un incident survenu en Arabie saoudite en 1957 et des signalements de soucoupes autour de l'île Catalina, au large de la Californie. Certains documents remontent même aux années 1940.
Une autre série de pièces porte sur un sujet plus administratif, mais fascinant : la manière dont la NASA et le Département de la Défense devraient traiter d'éventuels fragments de véhicules spatiaux retrouvés au sol. Ces documents ne parlent pas d'épaves extraterrestres. Ils montrent plutôt que les agences se sont dotées de procédures pour gérer des débris tombés du ciel, quelle qu'en soit l'origine.
Image publiée dans le 7e lot de dossiers PURSUE. Source : Département de la Guerre des États-Unis (WAR.GOV/UFO, lot 7).
L'heure juste
Il faut lire ces documents pour ce qu'ils sont. Le Pentagone insiste sur un point : si ces dossiers sont classés « non résolus », c'est parce que les enquêteurs n'avaient pas assez d'information pour identifier les objets avec certitude. Cela ne veut pas dire qu'on a établi un lien avec une présence extraterrestre. Aucun des documents publiés n'avance une telle conclusion.
Plusieurs explications restent donc possibles. Un appareil militaire expérimental, américain ou étranger, ferait un candidat évident, surtout près d'une installation sensible. Une erreur d'estimation des distances, très fréquente quand on observe un objet dans le ciel sans point de repère, pourrait aussi gonfler la vitesse calculée. Mais aucune de ces hypothèses n'explique facilement l'absence totale de bruit et de chaleur rapportée par des observateurs aguerris.
Ce qui est certain, c'est que le gouvernement américain publie aujourd'hui, sur un site officiel, des témoignages que l'on aurait relégués aux tabloïds il y a vingt ans. Les documents sont là, n'importe qui peut les lire, et chacun peut se faire sa propre idée. Je vous invite à aller les consulter vous-mêmes avant de tirer une conclusion.
Sources
- Département de la Guerre des États-Unis, WAR.GOV/UFO, lot 7 (source officielle des documents et des images)
- Rapport du FBI (FD-302), observation d'un objet aérien non identifié, 2026 (PDF)
- Mémorandum de l'AARO sur le PAN triangulaire, 2026 (PDF)
- KUTV / The National News Desk, 23 octobre 2026
- Interesting Engineering, 23 octobre 2026
- NewsNation, 23 octobre 2026
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