L’étrange créature de Coleraine : OVNI au Québec en 1968

L’étrange créature de Coleraine : OVNI au Québec en 1968

Max Dionne

L’étrange créature de Saint-Joseph-de-Coleraine

OVNI, « Martien » barbu ou simple légende du Québec ?

À la fin de l’été 1968, un petit village minier de Chaudière-Appalaches va entrer, bien malgré lui, dans l’histoire des mystères du Québec. À Saint-Joseph-de-Coleraine, près de Thetford Mines, six garçons affirment avoir vu une créature étrange perchée sur un rocher dominant le cimetière… puis, quelques jours plus tard, une soucoupe volante silencieuse planer juste au-dessus du même endroit.

Plus de cinquante ans après, cette affaire continue de diviser : canular bien monté, hallucination collective, visite d’un véritable OVNI ou phénomène paranormal plus profond ?
Plongeons dans l’un des cas les plus fascinants du paranormal québécois.


Un village tranquille, un cimetière isolé… et une bande de garçons

Nous sommes à la dernière semaine d’août 1968. Saint-Joseph-de-Coleraine est alors une petite localité tranquille de la région de Thetford Mines, entourée de forêts et de collines, au cœur du pays de l’amiante. Comme partout au Québec, les vacances d’été tirent à leur fin et les jeunes profitent de leurs derniers jours de liberté.

Près du cimetière paroissial, un peu en retrait du village, un groupe de six garçons a pris l’habitude de se retrouver pour jouer et se lancer des défis. Parmi eux, trois frères de la famille Bogus – dont le plus jeune, Denis, 7 ans – leur grand cousin de 15 ans, ainsi que deux amis du voisinage. Bref, une bande de kids typique de l’époque, qui joue aux cow-boys entre les tombes, sans imaginer une seconde qu’ils vont devenir les témoins d’un des plus grands mystères OVNI du Québec.


Première rencontre : une petite créature rouge sur le rocher

Le premier incident se produit un après-midi, en fin de journée. Denis, le plus jeune, court entre les pierres tombales lorsqu’il remarque quelque chose d’anormal, là-haut, sur un gros rocher gris qui surplombe le cimetière.

Sur le sommet du roc se tient une petite silhouette, d’environ 1,20 m de haut. L’être semble l’observer en silence.

Denis croit d’abord rêver. Puis il réalise que ce qu’il regarde n’a rien d’humain :

  • taille : environ quatre pieds

  • peau : rougeâtre, épaisse, rappelant des écailles ou une peau de lézard

  • tête : chauve, proportions humaines

  • barbe : longue, noire, hirsute, descendant sur le torse

  • buste : partiellement nu, les vêtements éventuels sont flous à partir de la taille

Les garçons expliqueront plus tard qu’ils n’ont jamais bien vu les jambes ou les pieds. La partie inférieure du corps semblait toujours dissimulée par l’angle du rocher ou par une sorte de crevasse. Comme si la créature flottait légèrement au-dessus de la pierre, ou qu’elle émergeait d’un trou à la base du roc sans jamais en sortir complètement.

Les yeux, décrits comme proéminents et globuleux, auraient fixé les enfants d’un regard froid et perçant. De quoi glacer n’importe quel gamin de 7 ans.

Quand Denis appelle ses amis, la créature disparaît. Pas en fuyant en courant. Pas en glissant le long du rocher. Elle s’évanouit littéralement, comme si on avait éteint une image.


Le « Martien » revient plusieurs jours de suite

Sur le moment, les autres garçons hésitent à le croire. A-t-il inventé l’histoire ? A-t-il mal vu une ombre, un tronc d’arbre, un animal ? Pour en avoir le cœur net, ils décident de revenir au cimetière les jours suivants, à la même heure.

Et c’est là que l’affaire se complique.

Pendant quatre jours d’affilée, à peu près à la même heure en fin d’après-midi, la petite créature réapparaît au sommet du rocher. À chaque fois, plusieurs des garçons sont présents, et tous décrivent la même chose :

  • le petit humanoïde rouge,

  • la peau rugueuse,

  • la barbe noire,

  • la position immobile au sommet du rocher,

  • le regard posé sur eux,

  • puis la disparition brusque dès qu’ils bougent ou détournent les yeux.

Très vite, les enfants lui donnent un surnom : « le Martien ». On est en pleine course à l’espace, les mots « soucoupe volante » et « extraterrestre » sont partout dans les journaux et la culture populaire. Pour eux, ce qu’ils voient ne peut être qu’un habitant d’une autre planète.

Certains affirment aussi avoir entendu des sons étranges venant de la base du rocher : des bruits sourds, des rugissements lointains, comme si quelque chose grondait à l’intérieur d’une cavité. Le rocher présente effectivement une fissure et une sorte de renfoncement. Était-ce une cachette ? Une petite caverne ? Les garçons n’osent pas s’en approcher trop près.

Mais ce qu’ils vont voir le dimanche suivant va définitivement transformer cette petite histoire de « monstre au cimetière » en véritable cas OVNI.


Le soir de la soucoupe volante au-dessus du cimetière

Le dimanche 1er septembre 1968, en début de soirée, les garçons reviennent une fois de plus près du cimetière. Le soleil commence à se coucher. L’ambiance est déjà un peu lourde : ils savent que, depuis quelques jours, la créature aime se montrer à cette heure-là.

Elle se manifeste encore une fois, exactement au même endroit, perchée sur le rocher. Mais cette fois, quelque chose de plus grand se produit.

L’un des garçons lève les yeux et pousse un cri. Au-dessus du cimetière, juste au-dessus du rocher, un objet étrange plane silencieusement.

Les témoins décrivent :

  • un objet discoïdal, de forme « soucoupe »

  • un diamètre estimé d’une dizaine de mètres

  • des couleurs bleu, blanc, rouge (surface ou lumières, difficile à dire)

  • une trajectoire lente, stationnaire quelques instants, puis une montée rapide

  • une traînée de fumée ou de vapeur visible derrière l’objet

La scène, vue par des enfants de village en 1968, semble tout droit sortie d’un film de science-fiction.

Selon leur récit, la créature apparaît une dernière fois au sommet du rocher, comme pour un dernier regard. Puis elle disparaît à nouveau, exactement au moment où l’OVNI commence à s’éloigner et à prendre de l’altitude. La soucoupe s’élève dans le ciel, laisse derrière elle une épaisse colonne de fumée, et disparaît à l’horizon.

Les garçons courent prévenir les adultes. Certains habitants affirmeront avoir vu, eux aussi, la traînée de fumée dans le ciel au-dessus du cimetière, sans avoir assisté à toute la scène. De quoi donner un minimum de poids à cette histoire qui, sinon, pourrait passer pour un pur délire d’enfants.

Après cette soirée-là, plus personne ne verra ni la créature, ni l’OVNI. Tout s’arrête net.


Quand les médias découvrent le « Martien de Coleraine »

À la fin des années 1960, le Québec connaît, comme ailleurs, une véritable vague d’observations d’OVNIs. Dans ce contexte, l’affaire de Saint-Joseph-de-Coleraine attire rapidement l’attention des journaux.

Le 4 septembre 1968, le quotidien La Tribune (Sherbrooke) publie un article en première page avec un titre choc du genre :
« Un “Martien” près d’un cimetière à Coleraine ? »

Le journaliste relate le témoignage des six garçons :
la créature rouge à barbe noire, les apparitions répétées sur quatre jours, puis la soucoupe volante bleue-blanche-rouge et sa traînée de fumée.

L’article prend soin de souligner que :

  • les enfants répètent la même version, sans se contredire,

  • les parents confirment qu’ils sont bouleversés,

  • l’affaire reste ouverte : expérimentation secrète ou visite extraterrestre ?

Le ton n’est pas sensationnaliste, mais sérieux. Pour un quotidien régional respecté, publier ce genre d’histoire en une, c’est énorme. Le cas prend alors une ampleur régionale. On en parle dans les cafés, dans les cuisines, à l’église. On se rend au cimetière « pour voir le rocher » du Martien.

Une équipe de télévision locale se déplace même pour tourner un reportage sur place. Malheureusement, ces archives semblent aujourd’hui très difficiles à retrouver. Mais le simple fait qu’une station télé ait consacré une émission au sujet montre à quel point l’affaire a fait du bruit.


Les ufologues se penchent sur la créature de Coleraine

Évidemment, la petite communauté ufologique québécoise de l’époque ne pouvait pas ignorer un tel cas.

Plusieurs chercheurs amateurs d’OVNIs se rendent sur place, interrogent les témoins et consignent l’affaire dans leurs livres et dossiers. Parmi eux, des auteurs bien connus du milieu, qui diront être convaincus de la sincérité des garçons.

Certains éléments reviennent régulièrement dans ces enquêtes :

  • la cohérence des témoignages sur plusieurs décennies,

  • la description très spécifique de la créature (peau reptilienne, barbe noire, petite taille),

  • l’absence d’empreintes ou de traces physiques évidentes,

  • la présence d’une fissure ou cavité au pied du rocher,

  • des mentions d’une substance blanche étrange retrouvée dans cette cavité après les faits.

Ce dernier point – une matière blanche non identifiée – reste flou. Les sources ne s’entendent pas sur la nature exacte de cette substance ni sur d’éventuelles analyses effectuées à l’époque. Mais pour les passionnés d’OVNIs, c’est un détail qui ajoute une couche de mystère à ce dossier déjà bien chargé.


Hypothèse n°1 : un canular d’enfants ?

C’est l’explication la plus terre-à-terre, et celle que beaucoup de sceptiques avancent en premier.

Et si tout n’était qu’une blague montée par une bande de jeunes ?
Après tout, on parle de garçons de 7 à 15 ans, imaginatifs, qui passent leurs journées au cimetière. On peut imaginer un scénario où l’aîné se déguise en « monstre », grimpe sur le rocher et effraie les plus petits.

Sur le papier, ça se tient :

  • un masque en caoutchouc,

  • un peu de maquillage rouge,

  • une fausse barbe,

  • et hop, un « Martien » de campagne.

Mais plusieurs éléments posent problème :

  1. La logistique du canular
    Il aurait fallu que, pendant quatre jours, au moins un des garçons se retire systématiquement du groupe pour enfiler le déguisement, grimper sur le rocher, disparaître dans la cavité au bon moment… sans jamais se faire démasquer. Difficile, mais pas impossible.

  2. La cohésion du mensonge sur 50 ans
    Si c’était une blague, on pourrait s’attendre à ce que quelqu’un finisse par l’avouer, surtout à l’âge adulte. Or, plus de quarante ans plus tard, les témoins maintiennent tous la même histoire. Aucun « aveu » public n’a jamais été enregistré.

  3. La soucoupe volante
    Comment expliquer l’OVNI dans ce scénario ? En 1968, il n’existait pas de drones ni de modèles réduits facilement accessibles capables d’imiter une soucoupe silencieuse, stationnaire, laissant une traînée de fumée dans le ciel. Un feu d’artifice ou une fusée éclairante pourraient produire de la lumière et de la fumée, mais la mise en scène serait alors assez évidente, et des traces matérielles auraient probablement été retrouvées.

Bref, l’hypothèse du canular reste possible… mais elle soulève quasiment autant de questions qu’elle n’en résout.


Hypothèse n°2 : une rencontre du troisième type au Québec

C’est évidemment la version que les amateurs d’OVNIs préfèrent.

Dans ce scénario, la créature serait un visiteur extraterrestre en mission sur Terre, et l’OVNI, son vaisseau. La créature observe les enfants depuis quelques jours, puis est récupérée par la soucoupe qui vient la chercher au-dessus du cimetière.

Plusieurs éléments alimentent cette lecture :

  • la créature ne ressemble à aucun animal connu de la région,

  • sa peau écailleuse rappelle parfois les descriptions de « reptiliens »,

  • la coïncidence temporelle entre la dernière apparition et le passage de l’OVNI,

  • la taille de la soucoupe et son comportement (stationnaire, puis montée rapide).

On est en pleine vague mondiale d’OVNIs à la fin des années 1960, et d’autres témoignages québécois de la même époque parlent déjà de petits humanoïdes associés à des engins lumineux.

Le problème, évidemment, c’est qu’aucune preuve physique solide ne vient appuyer cette hypothèse. Pas de photo, pas de trace nette, rien de scientifique. On est entièrement dans le domaine du témoignage humain. Pour certains, c’est suffisant pour dire : « Il s’est passé quelque chose d’extraordinaire ». Pour d’autres, c’est loin d’être assez.


Hypothèse n°3 : une expérience militaire ou scientifique secrète

Cette idée circule depuis l’article de La Tribune, qui évoquait la possibilité d’un « secret militaire bien gardé ».

Dans cette version, l’OVNI serait un appareil expérimental terrestre, testé au-dessus d’un coin isolé du Québec, et la créature, soit un hologramme, soit une sorte de mannequin ou de dispositif destiné à mesurer l’impact psychologique sur des témoins.

On peut imaginer :

  • un prototype de drone ou de véhicule aérien avancé,

  • une technologie de projection d’image (hologramme rudimentaire),

  • une expérience menée par un gouvernement ou une organisation scientifique.

Sur le plan scénaristique, c’est séduisant. Sur le plan factuel, beaucoup moins :

  • aucune base militaire ou centre de recherche majeur n’est recensé dans le secteur à l’époque,

  • aucune suite ni aucune tentative de récupération du « secret » par les autorités n’a été rapportée,

  • aucun document déclassifié n’est venu confirmer ce genre de tests à Coleraine.

Sans élément concret, cette hypothèse reste donc au stade de la théorie conspirationniste.


Hypothèse n°4 : un phénomène paranormal… ou quelque chose d’encore plus bizarre

Dernière grande famille d’explications : et si cette histoire n’avait pas grand-chose à voir avec des extraterrestres, mais plutôt avec le paranormal au sens large ?

Le décor s’y prête bien : un cimetière isolé, un rocher, des enfants, une créature qui apparaît et disparaît d’un claquement de doigts, des sons venant d’une cavité invisible… Certains y voient un esprit, un démon, un lutin maléfique, bref, une entité issue d’un folklore plus ancien qui se serait simplement « habillée » aux couleurs de la culture OVNI de l’époque.

Dans cette lecture :

  • la créature pourrait être une manifestation d’un phénomène « autre » (esprit, entité, phénomène psychique),

  • l’imaginaire des enfants – nourri de soucoupes volantes – aurait donné à cette manifestation une apparence d’extraterrestre,

  • l’OVNI final pourrait être soit un phénomène céleste réel (météore, rentrée atmosphérique), soit un ajout, soit une coïncidence interprétée comme la « soucoupe ».

Cette idée rejoint certaines théories défendues par des chercheurs comme Jacques Vallée, qui considèrent les OVNIs et les « occupants » comme une version moderne de phénomènes plus anciens (fées, démons, apparitions), adaptant leur forme à la culture du moment.

Le problème, encore une fois : c’est très difficile à prouver… ou à réfuter.


Aujourd’hui : légende locale ou véritable X-File québécois ?

Que reste-t-il, plus de cinquante ans après, de la créature de Saint-Joseph-de-Coleraine ?

Objectivement :

  • Aucun debunk complet et incontestable n’a été proposé.

  • Aucune preuve irréfutable d’une visite extraterrestre n’a été trouvée.

  • Les témoins, devenus adultes, n’ont jamais renié leur récit.

  • L’histoire fait désormais partie du folklore paranormal du Québec.

L’affaire de Coleraine vit aujourd’hui à la croisée des mondes :

  • pour les sceptiques, c’est un bel exemple de récit amplifié par la rumeur, la mémoire et le désir de merveilleux ;

  • pour les passionnés d’OVNIs, c’est au contraire l’un des meilleurs cas québécois de rencontre rapprochée, avec plusieurs témoins indépendants, un OVNI, et un contexte historique chargé ;

  • pour les amateurs de paranormal, c’est surtout une histoire qui illustre à quel point notre perception de la réalité peut être malléable.


Le mystère de Coleraine, un symbole du paranormal au Québec

Qu’on y croie ou non, ce dossier reste l’un des plus étranges X-Files du Québec. Il rassemble tout ce qui nourrit l’imaginaire du paranormal québécois :

  • un petit village,

  • un cimetière isolé,

  • une créature impossible,

  • une soucoupe volante silencieuse,

  • une histoire que personne n’a jamais vraiment réussi à expliquer.

Et si un soir vous passez près du cimetière de Saint-Joseph-de-Coleraine, du côté du gros rocher, vous aurez peut-être une pensée pour ces six garçons de 1968 qui sont rentrés à la maison avec une histoire que le monde entier aurait du mal à croire.

La petite silhouette rouge à la peau de lézard n’est probablement plus là.
Mais le mystère, lui, est toujours bien vivant.

🔗 Retrouve-moi ici :
🎥 YouTube : https://youtube.com/@maxdionnee
📸 Instagram : https://instagram.com/maxdionnee
🎵 TikTok : https://tiktok.com/@maxdionnee
🎁 Patreon : https://patreon.com/maxdionnee

Retour au blog